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  • Photo du rédacteurDonatienne Constans

La Maison de Conques: entre héritage et anticipation du Vivre Vrai en Aveyron !

Dernière mise à jour : 16 janv.

Je suis arrivée à Conques en septembre 1969 avec ma voiture. J’étais la bête curieuse, car personne ne conduisait et encore moins des femmes ! raconte ma narratrice, un petit rire en coin.


Monique Bousquet que les Conquois peuvent croiser lorsqu’elle arpente les mêmes pavées dont elle connaît maintenant chaque bosse, est un personnage de Conques qui marque, tant par son humilité que par son enthousiasme. 

L’ancienne directrice de la Maison Familiale  a accepté de nous ouvrir son intimité et nous partage l’histoire passionnante de cette maison.


Cette dame de 87 ans a occupé la direction de la Maison Familiale de Conques de 1969 à 1979. A l’époque, ces établissements d’enseignement, de statut associatif, permettent la formation et l’éducation des jeunes.


Originaire de Marseille, Monique Bousquet est envoyée à Conques par l’association Nationale des Maisons Familiales en septembre 1969. Une formation de monitrice en poche et quelques bonnes expériences à l'appui, elle est d’accord pour s’installer dans ce petit village qu’elle ne connaît pas et reprendre cette maison quelque peu mal en point: “Puisqu’on me propose, on va y aller…!”


La Maison familiale : lieu d'éducation

Accueillie à son arrivée par deux jeunes monitrices qui gardent les lieux, elle reprend une liste d'élèves qu’il faut aller chercher dans leur maison. Pendant 3 ans, environ 15 jeunes filles de 15 à 17 ans viennent en alternance une semaine dans la maison pour apprendre et retournent chez elles une semaine pour travailler. Le but étant de faire évoluer le travail et la famille indirectement, via l’éducation à la santé, et la tenue de la maison : "un système exceptionnel". Il fallait apporter un peu de modernité et faire évoluer des petites choses dans les fermes et les maisons comme la santé.

La Maison Familiale avec le crépi

Grâce aux deux monitrices, à une gendarme, une couturière professionnelle, puis un couple (Jean-Pierre et Bernadette qui vivent aussi dans la maison) “avec qui je suis encore en relation”, et une experte en dactylo, ces jeunes filles apprennent à tenir une maison, à jardiner, à tenir la comptabilité, à écrire à la machine, à faire des bouquets de fleurs séchées, à cuisiner, à coudre... Cela fait partie de la modernisation des campagnes en cours à l’époque.

Chaque samedi, Monique raccompagne quelques jeunes filles non véhiculées chez elles et prend conscience des conditions dans lesquelles ses élèves grandissent: Elle réalise ainsi la nécessité de son travail. Parfois elle est invitée à partager le déjeuner dans la famille. Elle expérimente le bon cœur des aveyronnais.


Avec les élèves, elle, prépare des expositions pour montrer les travaux de l’année qu’elles exposent à St Cyprien, village tout proche. Une année, pour remercier le Crédit Agricole qui leur prête une salle, les élèves ont préparé un magnifique bouquet de physalis, de monnaie du Pape et de plumes de paons. l’Agence le gardera de nombreuses années et Monique aime se rappeler ce souvenir. 




A l’époque, les frères de Prémontrés de Mondaye ne sont pas encore à Conques et Le Père Amans, bien connu de tous, en est le curé. Conques est un petit bourg loin du village touristique que l’on connaît aujourd’hui et les rares pèlerins qui marchent alors vers Compostelle sont dirigés par le Père Amans vers la Maison Familiale. 


La Maison Familiale : lieu de vacances pour les familles

Alors que de septembre à juin, les jeunes filles occupent la maison, l’été, des familles d’ouvriers du Nord y posent leur valise le temps de profiter des richesses de l’Aveyron.(Rappelons qu’avant 1965, les colonies de vacances du Mans étaient les principales occupantes de la maison l’été.)


Monique s’occupe d’embaucher des animateurs (les GO aujourd’hui). Loin des villes, les vacanciers retrouvent goût à la nature, à une époque où toutes les inventions électroniques comme la télévision prennent déjà de plus en plus de place dans la vie quotidienne des personnes. Dès les années quatre-vingt, il faut déjà penser à la déconnexion : soirée sans télé, virées dans l’Aubrac avec aligot chez les buronniers (“les vrai de vrai!”).. Monique aime retrouver des familles qui viennent plusieurs années de suite, partant parfois dans leur nord avec des casseroles accrochées aux voitures et des cris : “A l’année Prochaine!!!”



Veillée les soirs de vacances

Sur la terrasse vers la balançoire



La Maison familiale : Vers un accueil de plus en plus varié

Dès 1977, quelques changements participent à la transformation de la vie de la maison: l’accueil des jeunes filles s'arrête. L’accueil des familles l’été continue, et en parallèle, Monique s'occupe du gîte d’étape municipal pour les pèlerins et vacanciers. Bernard Burguiere, qui prendra la suite de Monique en adaptant le projet à l’époque, assure aussi ce même accueil inconditionnel. 


Elle se rappelle avoir veillé près du téléphone, prête à répondre ;  Débordant de créativité et de dynamisme pour accueillir les voyageurs que son gîte ne pouvait pas accueillir par manque de place, elle utilise parfois l'hôtellerie de l’abbaye, très simple à l'époque.

Face aux aléas, Monique a plus d’un tour dans son sac ;  n’hésitant pas à dégonder elle-même un porte devant un inspecteur de la chambre de l'agriculture pour rester dans les normes!


Ce témoignage prouve un accueil sans faille renouvelé avec toujours autant d’hospitalité…Un héritage dont la maison est fière et qu’elle veut faire perdurer. 


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1 Comment


marjip
Jan 18

Bonjour

Merci Monique pour tant de sollicitude....nous garderons ton exemple et celui de Bernard Burguiere...!!

Jp et Mj Couzi

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